directeur ISSEG

PLACE DE L'ISSEG  DANS LE SYSTEME EDUCATIF GUINEEN

 

En Introduction, il importe de rappeler les différentes phases du parcours de cette Institution de formation de formateurs de l’Ecole Normale Supérieure de Manéah (ENS de Manéah) à l’actuel Institut Supérieur des Sciences de l’Education de Guinée (ISSEG).

  • Ecole Normale Supérieure (ENS) de Manéah de 1979 à 1990

L’Ecole Normale Supérieure (ENS) de Manéah a été créée le 2 octobre 1979 par décret N° 402/PRG, avec pour mission la formation des professeurs d’enseignement secondaire scientifiquement qualifiés et professionnellement compétents.

Du bassin de recrutement

A l’Ecole Normale Supérieure, le bassin du recrutement était constitué par :

  1. Les  lauréats du concours d’accès  du premier degré  au second degré universitaire dans les profils : Mathématiques, physique, chimie, sciences biologiques, histoire – sociologie, géographie – économie, philosophie – idéologie et langues – littérature.
  1. Les instituteurs chevronnés du primaire pour un recyclage dans les différentes disciplines enseignées au secondaire ;

L’effectif des étudiants n’a  jamais excédé six cent  (600). C’était en quelque sorte un recrutement à base de numérus-clausus.

Du cycle universitaire

Le cycle universitaire avait une durée de cinq (5) ans après le baccalauréat deuxième partie : Deux (2) ans dans les facultés premier degré et trois (3) ans y compris les stages à l’ENS.

Du cadre des études

L’ENS  était relativement en retrait à Manéah (à 43 km de Conakry) sur une aire 3 fois plus spacieuse que l’actuel ISSEG avec un régime d’internat obligatoire, facteur tacitement essentiel pour la cohésion sociale des étudiants.

 L’eau et l’électricité étaient régulières 24h/24h pendant les douze mois de l’année.

Le futur enseignant  était à l’abri des difficultés actuelles de logement, de restauration, de transport et de soins médicaux et bénéficiait en plus, d’une modeste bourse d’entretien de 40.000 FG.

Les études surveillées étaient de rigueur toutes les nuits exceptées les week – end avec respect des heures de coucher et de réveil  grâce à un encadrement militaire exigeant et compétent. L’officier major était d’ailleurs chargé des cours de formation militaire qui prenait en charge plusieurs aspects de l’éducation à la citoyenneté.

L’encadrement pédagogique était assuré par un personnel enseignant  recruté parmi  les meilleurs enseignants-chercheurs évoluant dans les universités de Conakry et Kankan et plusieurs d’entre eux logeaient dans la cité universitaire  de Manéah.

Les stages d’observation et pratique (ou à responsabilité) étaient soutenus matériellement et financièrement jusqu’aux maîtres hôtes dans les lycées et collèges.

Débouché

Les diplômés étaient aussitôt engagés à la fonction publique et automatiquement titularisés.

 

II - Institut Supérieur des   Sciences de l’Education  de Guinée(ISSEG)

de 1991 à 2018

Le 12 avril 1990 par ordonnance N° 018/PRG/SGG, l’Ecole Normale Supérieure de Manéah fut dénommée Institut Supérieur des Sciences de l’Education  de Manéah (ISSEM) qui prend en charge l’ancienne école normale supérieure à travers les départements de formation des professeurs de collège et lycée.

Le 2 octobre 2003, l’ISSEM a été délocalisé de Manéah à Conakry/Lambanyi dans les locaux construits et équipés par l’Union Européenne. C’est alors que l’appellation Institut Supérieur des Sciences de l’Education  de Guinée (ISSEG) lui fut consacrée en lieu et place de l’ISSEM.

Du bassin de recrutement

A l’Institut Supérieur des Sciences de l’Education  de Guinée, le recrutement se fait parmi :

  1. Les professeurs du secondaire admis sur concours pour former depuis 1990 – 1991   des professeurs d’Ecole Normale d’instituteurs (P.E.N) ;
  2. Les instituteurs chevronnés sur concours pour former depuis 1990 – 1991 des Conseillers Pédagogiques Maîtres Formateurs (CP.M.F).
  • Les ingénieurs agronomes des anciennes facultés d’agronomie reçus sur titre pour une formation de reconversion en professeurs du secondaire ou en formateurs d’agents d’alphabétisation et d’assistants de développement communautaire de 1991 à 1998;
  • Les professeurs  expérimentés du secondaire  recrutés sur concours  pour former des Animateurs Pédagogiques de l’Enseignement Secondaire (APES) de 1993 à 1997 ;
  • Les titulaires de Maîtrise recrutés sur concours dans les universités nationales et étrangères dans le cadre de la formation professionnelle initiale des enseignants du secondaire pour l’obtention d’un Certificat en Enseignement ;
  • Les jeunes bacheliers en 2000 – 2001 sur recommandation à l’époque du Conseil d’Administration (CA) de l’ISSEG, pour la formation de professeurs de collège (bac + 3) hiérarchie B.

Ce fut à l’origine de la plus grande grève que l’ISSEG ait connue pour raison de hiérarchie.

Le MESRS fut obligé d’étendre le programme sur 5 ans  pour former des professeurs du secondaire (collège et lycée ) pour l’obtention du Diplôme d’Etudes Universitaires Générales (DEUG)  en 2 ans, Licence au bout de 3 ans, maîtrise au bout de 4 ans et le Certificat d’Aptitude Professionnelle à l’Enseignement Secondaire (CAPES) au bout de 5 ans.

Depuis cette date et avec la suppression du concours en 2001-2002, l’effectif à l’ISSEG est passé de moins de 600 à plus de 3000 étudiants avec un régime d’externat pour un même encadrement.

C’est ce cursus universitaire qui a continué à l’ISSEG jusqu’à l’introduction du LMD pendant l’Année Universitaire 2007 - 2008.

III - QUELLES SONT SES MISSIONS ?

Le 24 mai 1991, les missions de l’ISSEM furent élargies et définies dans le décret N° 91/147/PRG/SGG portant statut de ladite institution.

En application de l’article 4 de ce statut, l’ISSEM est chargé d’assurer la formation scientifique et professionnelle initiale et continue de tous les professionnels de l’Enseignement Pré –Universitaire et de l’Education Civique d’alors, Professionnel et Technique, à savoir la formation des :

  • Professeurs des Ecoles Normales pour la formation des instituteurs dans les ENI ;
  • Conseillers Pédagogiques-Maîtres Formateurs (CPMF) qui assurent la formation continue des instituteurs sur le terrain;
  • Professeurs de collège et lycée ;
  • Animateurs Pédagogiques de l’Enseignement Secondaires (APES) qui assurent la formation continue des professeurs de collège et lycée sur le terrain
  • Planificateurs, Administrateurs et Gestionnaires du système éducatif;
  • formateurs d’agents d’alphabétisation et d’assistants de développement communautaire ;
  • inspecteurs de l’enseignement élémentaire et secondaire,
  • Enseignants - chercheurs du supérieur à la pédagogie universitaire etc.

A partir de ces missions il apparaît automatiquement que  l’ISSEG est la charnière, la colonne vertébrale du système éducatif guinéen. C’est pourquoi nous affirmons haut et fort que l’ISSEG est incontournable dans la qualification de notre système éducatif. D’où l’urgence du recrutement de ces professionnels par la Fonction Publique en lieu et place des amateurs.

IV - QUELLES SONT SES DIFFICULTES ?

Parmi  les difficultés de l’ISSEG et qui ne sont pas de sa seule responsabilité, on peut  retenir :

  • La faiblesse de motivation de la fonction enseignante ;
  • Les difficultés liées aux recrutements (bassin de recrutement et recrutement par la fonction publique). 
  • Les difficultés de financement de la formation des formateurs, du suivi – évaluation de nos diplômés et des stages ;
  • Les difficultés liées surtout aux questions d’énergie ;
  • Le non bitumage de la voie d’accès à l’ISSEG qui impacte négativement sur nos équipements informatiques et de reprographie, de laboratoire, d’atelier de fabrication de matériels didactiques etc.
  • Le retard dans la mise en œuvre de plusieurs formations telles que :
  • Mastère en Formation d’inspecteurs du primaire ;
  • Mastère en Formation d’inspecteurs du secondaire ;
  • Formation des conseillers à l’orientation au secondaire.
  • Formation des formateurs des éducatrices et éducateurs du préscolaire ;
  • Mastère en Administration scolaire ;
  • DESS en Recherche – Mesure et Evaluation en éducation ;
  • Mastère en didactique des disciplines, etc.

V - QUEL APPEL LANCE T-IL ?

Le premier appel que je lance s’adresse à tous les sortants de cette institution qu’ils ne doivent jamais oublier que l'ISSEG est la charnière c'est-à-dire la colonne vertébrale du système éducatif guinéen. Partout où vous serez vous devez porter haut le flambeau de notre Institution. Comportez vous toujours en modèle ; Soyez la référence des autres aussi bien aux plans académique, pédagogique que social.

Ne vous éloignez pas des préoccupations de votre milieu social en dehors duquel vous n’êtes rien. Intéressez-vous aux questions d’actualité qui préoccupent notre patrie parmi lesquelles on peut citer entre autres :

  • La protection de l’environnement avec son corollaire de réchauffement climatique;
  • La lutte contre l’insalubrité ;
  • L’allaitement maternel et ses bienfaits ;
  • La sensibilisation permanente à l’éducation à la citoyenneté.

Le second appel que je lance c’est de demander à nos partenaires nationaux d’être coopératifs, d’être sensibles aux problèmes de l’ISSEG. D’admettre que l’ISSEG est  le premier outil que l’Etat a mis à leur disposition pour la mise en œuvre de leurs missions. Mieux, il n’ya pas meilleur outil de changement des mentalités en Guinée que l’ISSEG  aussi bien de par ses missions que de par son public cible.

Certes que l’ISSEG a des problèmes que je viens de rappeler, mais qu’à cela ne tienne ; car si votre enfant est malade, vous l’envoyez chez le médecin pour diagnostiquer le mal et prescrire le remède approprié. L’ISSEG est l’enfant de tout le système éducatif guinéen. De par la transversalité de ses missions, il est le baromètre de ce système.

C’est pourquoi dans le souci d’œuvrer dans la logique de qualification de ce système, il est important de ne recruter à la fonction publique que des  enseignants professionnels diplômés des institutions de formation de formateurs. Ainsi, les diplômés d’autres Institutions d’Enseignement Supérieur qui désirent embrasser la profession enseignante devront nécessairement être titulaires d’un certificat en enseignement délivré par l’ISSEG à la suite d’une année universitaire de formation professionnelle à l’intention des lauréats du concours qui sera organisé.

De toute façon quelque soit le cas de figure, il est de notre responsabilité de laisser les hôpitaux et les centres de santé aux médecins et infirmiers, les pharmacies aux pharmaciens, les classes aux enseignants professionnels etc.

 

Vive l’ISSEG

Vive l’Ecole Guinéenne

Je vous remercie

Conakry, le 20 juillet 2018

Le Directeur Général

 

Dr Akoye Massa ZOUMANIGUI